Le Météore, Karel Capek

1934

Karel Capek fut l’un des rares écrivains tchèques à conquérir de son vivant une célébrité mondiale, qu’il dut principalement à son œuvre de dramaturge, et même surtout à une seule pièce, la célèbre R.U.R. (1920), dans laquelle il forgea un néologisme qui allait connaître une fortune prodigieuse : Le robot. Mais, loin de n’être qu’un dramaturge qui eut son moment de succès, Capek est l’un de ces auteurs protéiformes qui abordent avec un égal bonheur tous les exercices de la plume et peut être considéré comme le maître à penser de la Tchécoslovaquie de l’entre-deux-guerres. Le Météore se compose de trois récits concentriques cherchant à reconstituer l’histoire d’un homme dépourvu d’identité se trouvant sur un lit d’hôpital et dont on ignore tout au départ. Mais ce qui est original ici est qu’aucun des trois récits n’a de fondement dans le réel. Celui de la sœur de charité est un rêve, le deuxième est basé sur un don de voyance et celui du romancier est un exercice d’imagination. Le tout est appuyé sur la connaissance scientifique représentée par les observations et déductions professionnelles du chirurgien et de l’interniste. Tout en se conformant aux données précises fournies par ces observations, les trois récits se complètent en se recoupant sur un certain nombre de points. Mais les contradictions apparaissent au fil de la lecture, car chacun des trois conteurs, prenant la parole à son tour, nous convainc qu’il détient la solution définitive de l’énigme. Ce roman a plu à un vaste public ; comme pour Hordubal ou La guerre des Salamandres, les lecteurs, passionnés par le monde à la fois réel et fantastique de Karel Capek, lui ont donné raison. Répétons-le, ce n’est pas un hasard : l’ambition de Capek, chef de file de la culture d’une Tchécoslovaquie renaissante, était de combler autant que faire se pouvait le fossé entre la littérature et le peuple. Qui nierait qu’il ait réussi ici à concilier la qualité littéraire et la lisibilité, tout en faisant passer, sans prétention aucune et sans vains déploiements d’intellectualisme, quelques-unes des grandes idées philosophiques et morales qui lui tenaient à cœur ? (Google Books)

Le Météore, Karel Capek

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *